Bailleulmont

Un peu d’histoire

vendredi 19 mai 2006

Histoire du village de l’an 1000 à nos jours.

Pour en savoir plus sur l’histoire de Bailleulmont, vous pouvez aussi consulter le site : [http://bailleulmontunvillage.jimdo.com/]

Le nom

Balleoli-Mons, Ballieu-Mons, Bailleux-Mont (Godefroy, Inv. des Chartes d’Artois).

Le château

Ce village dont le territoire est traversé par la petite rivière du Crinchon, qui y prend sa source, est situé sur l’ancienne voie romaine d’Arras à Amiens. En 1743, l’entrepreneur du nouveau chemin d’Arras à Doullens, en recherchant des cailloux, découvrit dans les fouilles, à quatre mètres de profondeur, une chaussée large de six mètres et ayant une épaisseur d’un mètre. Ce chemin était parfaitement bombé et présentait tous les caractères d’une grande solidité. Près de cette chaussée s’élevait un magnifique château-fort. On retrouve encore, à l’extrémité du village, sur un terre-plein entouré de fossés larges et profonds ; de curieux débris de ces vastes constructions. Selon le P. Ignace, le château de Bailleulmont serait beaucoup plus ancien que le village qui ne devait son origine qu’à l’agglomération des maisons construites par les vassaux des puissants seigneurs qui l’habitaient. Cette forteresse consistait en une cour vaste, entourée de murailles en pierres taillées et assises sur un soubassement de grès piqués. Elle était soutenue par plusieurs tours dont l’une d’elles nous offre encore ses ruines. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un pan n’ayant pas moins de quatre mètres d’épaisseur. La terre de Bailleulmont eut d’abord des seigneurs de ce nom en 1096 ; le chevalier Romuald de Balleoli-Monte, joute au tournoi d’Anchin. Il fut probablement le constructeur de la forteresse qui était une position importante avant l’usage de l’artillerie.

La seigneurie passa ensuite successivement dans les maisons de Saveuse, d’Estouteville, de Béthune, de Melun, Epinoy, et enfin de Guines Bonnières. (Rôle des 20mes).

Le château fut reconstruit d’un bel ouvrage par les seigneurs de Saveuse au commencement du XVème siècle (Du Belloy-Turpin), il fut dévasté en 1477 par les Suisses de Louis XI, en représailles de l’alliance de Philippe de Saveuse avec Charles le Téméraire. Il n’était pas encore entièrement réparé, lorsqu’il fut attaqué et emporté en 1521 par l’armée de François 1er qui y mit une garnison de trois cent hommes. Il fut bientôt repris par les Espagnols en 1523. Ruine Le duc de Vendôme ayant pénétré en Artois en revenant de Doullens, mit le siège devant le château de Bailleulmont. Malgré l’hésitation de ses officiers devant une forteresse que l’on considérait comme imprenable, il parvint à s’en emparer ; mais plusieurs de ses capitaines furent tués ou blessés, entre autres, Antoine Halluin, seigneur de Fiennes, grand louvetier de France. De Vendôme fit sauter les tours et raser toutes les constructions.

Lors du siège d’Arras en 1644, le quartier général de Rantzau fut établi aux environs de Bailleulmont. Les troupes de Louis XIV furent obligées de faire le siège du château pour s’en emparer.

Il y avait anciennement à Bailleulmont une prévôté de l’abbaye d’Anchin.

Ce village eut sa coutume particulière rédigée en 1507.

La légende

Nous ne terminerons pas cette notice sans accorder quelques lignes à la légende de la salle du Désespoir, nom que portait une chambre haute du donjon. Collart de Bois-Huon, écuyer, seigneur de Vis-en-Artois, avait épousé une fille naturelle de Philippe de Saveuse. Comme ce jeune homme était folastre et de sales manières, son beau père avait obtenu du roi au mandat pour le mettre en tutelle, et l’avait enfermé dans une tour de son chastel où il le faisait garder pour le corriger. Ces mauvais traitements aigrirent l’esprit de cet infortuné, et un matin (11 octobre 1438), le valet qui entra dans sa chambre pour le servir, le trouva pendu avec un long sac dans lequel on lui avait la veille apporté du fruit. Le jour suivant, son cadavre était descendu silencieusement et sans appareil dans la cave sépulcrale du château, et l’oubli aussi glacial que la marbre de la tombe vint peser sur sa mémoire. Pendant sa longue détention, on avait souvent vu le malheureux Collart, la figure collée aux barreaux de son étroite fenêtre cherchant à respirer l’air pur de la campagne et à recréer ses yeux. Les villageois s’étaient apitoyés sur le sort du prisonnier, et, longtemps après sa mort, des idées superstitieuses s’attachèrent à cette partie du château. La tradition rapporte que la veuve de Collart vint ensevelir ses remords dans le couvent de Sainte-Claire, fondé à Arras par Philippe de Saveuse (Jacques Duclercq, Mém., Iv. 3).

Les prussiens

Une colonne prussienne, forte d’environ 1500 hommes, traînant avec elle des chevaux et deux canons, traversa la commune le 26 décembre 1870, venant de Berles et se dirigeant vers Bavincourt. Le 30 décembre ils vinrent y faire une réquisition et le 1er janvier 1871, on vit pour la dernière fois les uhlans aller et venir en éclaireurs.

Archéologie

On retrouve encore à Bailleumont, un vaste souterrain communiquant, selon l’opinion de ces habitants, avec la tour de Bailleuval. Le propriétaire des ruines a trouvé un grand nombre de pièces de monnaie et d’autres objets, tels que mousquets, boulets, lances, etc., etc.

La mort du dernier moulin

Ils étaient 99 à tracer de grands signes de croix, comme dit le poète, dans le beau ciel de l’Artois ; 99 à dresser leurs tours de bois ou de pierre sur les coteaux couverts l’été d’amples moissons. Hélas, les vénérables géants, s’ils avaient résisté aux siècles, ne pouvaient lutter contre le machinisme. Un à un, ils ont succombé et le dernier de tous a rendu l’âme la semaine dernière.

Il haussait sa tour cylindrique sur un tertre herbeux qui domine la petite vallée du Crinchon à Bailleulmont. Ses magnifiques ailes se voyaient de plusieurs lieues à la ronde, ailes vivantes car elles permettaient encore de moudre du grain et tournaient joyeusement au vent sur un geste du meunier. Celui-ci, M. Georges Diruit, homme modeste et serviable, avait d’ailleurs rendu de grands services aux habitants des villages environnants et même d’Arras pendant les années terribles de l’occupation. La nuit, pour qu’on ne le voit pas, quand le vent était favorable, il faisait de la bonne farine avec le blé qu’on lui apportait clandestinement.

Mais M. Diruit, ne s’était pas enrichi à ce travail et les charges qui l’écrasèrent peu à peu, car le fisc ne fait jamais de cadeau, le découragèrent à ce point qu’il vendit sa chère tour. Il ne pouvait plus être question de nos jours de continuer à moudre : comment en effet produire suffisamment, avec un moteur aussi fantaisiste que le vent, pour payer les impôts, payer les commis et vivre soi-même tout en satisfaisant une clientèle par des prix assez bas.

Le moulin pourtant n’aurait jamais dû mourir.

Les monuments historiques auraient pu s’intéresser à lui pour le conserver tel un émouvant et pittoresque témoignage du labeur de nos anciens et comme le plus bel ornement, devenu rarissime, d’un site plein de caractère.

Mais il paraît qu’on ne pouvait pas s’occuper de lui, et M. Gorriez, qui a acheté la vieille tour et le terrain qui l’environne, parce qu’ils jouxtent son jardin, s’est vu contraint lui aussi d’abandonner le projet de garder le vieux géant. Les ailes ont été démembrées ; le bois intérieur sera utilisé ailleurs ; les pierres et les briques seront vendues : le vieux moulin agonise et c’est lamentable.

Dès 1569, il figurait dans les rôles mais il était peut-être déjà debout depuis longtemps. Il appartenait à la Dame de Bailleulmont, veuve de Messire Pierre de Mellun. Il avait traversé les guerres et les révolutions. Sa condamnation devait survenir parce que beau et solide, il coûtait et ne rapportait plus.

Ainsi s’en va le dernier moulin de l’Artois. Nos descendants ne seront-ils pas sévères pour ceux qui n’auront pas su le sauver ? Reportage J.P. Calimez

L’église

L’église ancienne ne formait qu’une seule cure avec Bailleuval, La Cauchie, La Herlière.

Elle était sous l’invocation de Saint Martin et érigée sur un terrain mitoyen entre ces communes à l’endroit où se trouve encore le cimetière commun à Bailleulmont et Bailleulval.

L’église actuelle fut bâtie en 1872 par l’architecte A. Degez.

Face à l’église se trouve le « chuet », construit en 1889. Autrefois il récoltait les eaux d’écoulement et servait d’abreuvoir au bétail du village. Aujourd’hui il est comblé. Il a été gazonné. Une partie sert de terrain de pétanque et une autre à la réserve d’eau pour le service incendie .

La carte de Cassini

Cette carte a été établie par César-François Cassini de Thury et a été publiée en 1758 dans les « Affiches de Paris ». Elle peut être consultée dans une version plus large ici. La version originale de cette carte est consultable sur Gallica, le site de la bibliothèque nationale de France.


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